En guise d'introduction:  Genèse d'un Conteur
A une époque,
Où on télé-communique plus vite que son ombre,
Où l’Imaginaire est partout et nulle part en même temps,
Où les symboles qui nous ont toujours habités, se déplacent, se déforment, quelques fois même se transforment, quand ils ne perdent pas leur sens,

A une époque,
Où les « intérêts des prêts à la pensée » sont si élevés que les gens se refusent, même quand ils le peuvent, à investir, et préfèrent se jeter sur de vieux principes d’exclusion, même « bon marché »,


N’est t-il pas anachronique d’être conteur ?
Anachronique au sens premier, au sens de la survivance du « dedans », malgré le vieillissement du « dehors » ?... Certainement.
Mais, pas au sens du « désuet » ou du « périmé »
(Quoiqu’il faille toujours se méfier de ce qui reste : la guerre, le racisme ne sont-ils pas aussi vieux que le monde des humains ?)

A la question :  « Qu’est-ce qu’un conteur, aujourd’hui ? »

Je préférerais  « Qui est ce conteur d’aujourd’hui ? »

Et, là, je ne peux vous répondre que par une histoire…
Et, cela sera notre première leçon de grammaire.


… A la fois, le fils et le père de mon père, comme si le futur et le passé (que la plupart des cultures d’ailleurs, en tous les cas, les nôtres, appellent Dieu) se conjuguaient vers un « présent » inaccessible.

Ce présent, si je peux l’utiliser, ce n’est pas bien souvent, pour dire ce que je fais au moment où je le fais, (sauf si je dis : « je chante », en mangeant ; mais cela même la politesse me l’interdit !...), mais pour décrire ce que je suis en train de faire, qui a déjà commencé (et c’est déjà du passé) et qui se continuera (et voilà le futur).

Alors, je me vois souvent obligé de dire (et, d’une manière si peu poétique) « je suis en train de chanter » (et, de plus, à condition de ne pas m’arrêter).




Ah ! Maudit présent, faut-il alors, tout de même t’apprendre ?

Oui bien sûr…

Et de plus, nous pourrons enfin, si tu es toujours en train de le vouloir, t’utiliser pour les dialogues et, à la limite, mais seulement pour te faire plaisir, pour les monologues.

Mais, jamais, tu m’entends… pour une histoire…

Soit dit en passant, si nous la racontons, c’est qu’elle est déjà terminée, que nous en connaissons déjà la fin…

Nous, oui !

Mais pas ceux qui nous écoutent ou nous lisent.
Ce qui nous amène à la structure même du conte.

Mais avant cela, comme pour les enfants de certaines classes (à partir du CE2), à qui j’ai tout d’abord raconté une histoire, j’en viens « au clin d’œil du conteur », comme pour vous mettre dans la confidence.

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